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blog de Jean-François DARAUD

les actualités de l'Union des démocrates et indépendants de l'Aude

Borloo : "La France va dans le mur!"

Publié le 30 Novembre 2013 par UDI de l'Aude

Valeurs actuelles

  1. Politique Hollande, le pire président de la Ve

"Pas de crédibilité, de poids politique, de vision ni de capacité"

Entretien avec Jean-Louis Borloo

"Hollande a `inventé' un concept assez nouveau [...] son impopularité est provoquée, au choix, par son inaction hésitante ou par son hésitation inactive."Jean-Louis Borloo

Depuis 1958, chaque président a su incarner son époque. De Gaulle était l'homme du retour de la grandeur après une période d'instabilité. Pompidou symbolisait la charnière entre France traditionnelle et aspiration au dynamisme. Il aimait les voitures, l'art contemporain. Giscard a apporté une forme de modernité à une France qui en avait besoin. Mitterrand a incarné l'alternance, à laquelle aspirait le pays dans ses profondeurs. Chirac symbolisait la proximité et la simplicité, Sarkozy le mouvement et la rupture dans l'action politique. François Hollande, lui, a du mal à incarner les mutations incroyablement rapides de notre époque. Un court instant, il a symbolisé la notion d'apaisement, qui était son capital de départ. Occasion manquée lorsque l'on regarde la situation actuelle.

Je pense que les Français ont voté contre Nicolas Sarkozy plus qu'ils n'ont choisi Hollande. Et cette défaite de Sarkozy vient d'abord de la sous estimation des symboles des premiers jours après l'élection. Le Fouquet's, ça peut passer si vous êtes le maire de Tulle ou de Valenciennes, pas celui de Neuilly... N'oublions jamais, cependant, que c'est grâce à lui qu'on a pu éviter un désastre bancaire, économique et social de 2009 à 2011. Qu'on le veuille ou non, l'Europe et l'Occident doivent beaucoup au tandem Sarkozy-Merkel. C'est facile d'arriver de Tulle et de promettre la lune, encore faut-il être capable de tenir ses promesses !

Hollande a "inventé" un concept assez nouveau, qui est l'impopularité liée aux changements d'avis et aux zigzags. Jusqu'à présent, un homme d'État était impopulaire par son action. Là, son impopularité est provoquée, au choix, par son inaction hésitante ou son hésitation inactive. S'il y a une ligne en matière de politique internationale, je ne vois en revanche pas de cap sur la politique intérieure.

L'exécutif est totalement désemparé, et les Français le sentent. Il est vrai que le président et son premier ministre ne se sont pas préparés à gouverner. Je pensais pour ma part que toute annonce du premier ministre faisait l'objet d'un travail préparatoire approfondi, mais son annonce de réforme fiscale, totalement improvisée et qui a surpris jusqu'au ministre de l'Économie, montre le contraire.

Cela peut être populaire comme expression, mais c'est anxiogène lorsqu'on regarde la méthode. Jean-Marc Ayrault annonce : "On va tout chambouler." Pourquoi pas ? Mais il ne dit ni quoi ni quand ni comment, ce qui crée de facto une incertitude économique majeure.

Non. Le président de la République et le premier ministre n'ont pas le poids politique suffisant pour imposer cette réforme fiscale. Je ne vois pas comment l'homme de la synthèse du PS qu'est demeuré Hollande peut le faire. Les Français ne sont plus dupes. Ils ont vu le gouvernement à l’œuvre sur la fiscalité. On ne peut pas asphyxier une économie et être surpris que le déficit augmente. La décision de départ du quinquennat était de dire : "Il n'y a pas de crise, on peut augmenter les impôts pour augmenter les rentrées fiscales." C'était une grave erreur.

Le jugement que je porte sur la politique de François Hollande est sévère, mais je suis un républicain, opposé à la remise en question des votes et attaché à la durée des mandats. Cela dit, dans ce moment d'exaspération politique majeure, le chef de l'État est confronté à trois hypothèses. La première est de continuer sans remettre en question sa politique. Il faudra alors se préparer à une crise d'envergure aux alentours de 2016. La deuxième hypothèse consiste à lancer une seconde phase de son quinquennat fondée sur quelques grandes réformes structurelles. Cela implique un changement d'équipe à l'Élysée comme au gouvernement. Cela nécessite une crédibilité, un poids politique, une vision et une capacité. Personnellement, je ne pense pas qu'il les ait. Si j'ai raison, nous allons dans le mur. Il ne restera donc plus au président que la troisième hypothèse, que lui offre la Constitution : le retour devant le peuple. Au vu de l'actuelle crise de régime et des options que semble privilégier le président, je suis obligé de me préparer à cette dissolution.

Si le président ne réagit pas, s'il ne met en œuvre aucune réforme de structure, si les dépenses publiques continuent d'augmenter, une crise majeure surviendra en 2016. Nous vivons sous une "douce morphine" : notre capacité à lever des financements à des taux très bas, notamment grâce à l'euro, pour financer notre service public, nous fait déraper doucement.

L'agence de notation Standard and Poor's vient de le dire : nous courons vers un risque systémique général. Nous avons dépassé le risque d'une crise des systèmes bancaires, et c'est aujourd'hui un caractère strictement français qui vient de provoquer la seconde dégradation de la note de la France par la même agence. Ce qu'elle dit est clair : les reformes structurelles ne sont pas faites. Cette morphine de l'endettement va nous conduire à un premier décrochage en 2014, puis à un autre en 2015. Nous ne pourrons alors plus financer notre propre dette. C'est le moment où nous verrons nos taux s'envoler. Nous ne pourrons plus tenir. S'enclenchera alors un effet boule de neige qui écrasera le système français. Voilà pourquoi j'évoque cette date de 2016 : nous serons contraints à des coupes sans précédent dans tous les domaines : notre système social, voir même les rémunérations des fonctionnaires.

La France est bloquée, et la première raison de cette crise, c'est que le pays est émietté. Chacun est dans son fief, dans son système, dans son organisme. Il n'y a pas de pilote. C'est pourquoi j'ai identifié deux principaux chantiers pour entamer ce redressement national : le paritarisme, hérité des grands accords de 1945, et le mille-feuille territorial. Voilà des sujets qui, concrètement, régleront les problèmes du pays. Je souhaite un tournant dans les réformes structurelles essentielles. Nous avons 650 milliards de ressources qui sont émiettées et dont personne ne sait comment elles fonctionnent, à qui elles bénéficient, comment elles sont dépensées. On peut légitimement s'interroger sur l'efficacité de ce système. Voilà pourquoi je défends l'idée d'un poste de pilotage global, qui permette de savoir qui gère les organismes professionnels. Il faut forcer tout le monde à rendre des comptes. La situation actuelle conduit à une déperdition d'efficacité considérable. Nous n'en avons plus les moyens.

Aujourd'hui, les majorités parlementaires sont fondées sur le logiciel du XIX e siècle, alors que le pays a besoin d'une majorité d'union nationale. Nous devrions procéder différemment, sur la base d'un contrat négocié durant des mois, comme c'est le cas en Allemagne. C'est globalement l'idée que partage l'Alternative avec la droite : former une coalition et gagner ensemble. Le parti unique qui veut gouverner seul, c'est fini.

Beaucoup de Français ont pensé que l'apaisement promis par François Hollande serait salvateur. François Bayrou était comme eux. Mais il était de mon devoir de réunir la famille du centre et de la droite républicaine. Je me suis aperçu que François Bayrou s'inscrivait de plus en plus dans l'opposition. Je ne pouvais pas faire l'impasse sur ce qu'il représente.

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