Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
blog de Jean-François DARAUD

les actualités de l'Union des démocrates et indépendants de l'Aude

Emploi, retraites... : les propositions de Jean-Louis Borloo

Publié le 13 Juin 2013 par UDI de l'Aude

Par Leïla de Comarmond et Isabelle Ficek pour Les Echos

L’Union des démocrates et indépendants (UDI) tient samedi un conseil national et une convention sur l’emploi. Son président détaille pour "Les Echos" ses propositions en matière économique et sociale.


Le rapport Moreau sur les retraites est remis vendredi au gouvernement. A quelles conditions pourriez-vous soutenir une réforme ?

Il faudrait déjà accélérer l’application de celle de 2010, l’avancer d’un an. Cela aurait un effet important. Comme cela a été voté par la nation, ce ne serait pas une révolution. Après, je ne mets pas de préalable. C’est un gouvernement dans l’embarras, une majorité qui nous répète depuis vingt ans qu’il ne faut pas réformer les retraites. Ils sont aujourd’hui confrontés à la réalité. Mais s’ils s’orientent vers plus de convergence entre le public et le privé – c’est un vrai sujet – s’ils travaillent un système de retraite dont les règles ne s’appliquent qu’aux nouveaux entrants, s’ils trouvent un mix qui ne plombe pas les pensions et les cotisations, nous ne hurlerons pas avec les loups.

Et s’ils veulent faire une réforme vraiment juste, il faudra rouvrir la question de la pénibilité et de la retraite des femmes. A l’UDI, nous avons engagé depuis quelques semaines un dialogue avec les partenaires sociaux.

Ce ne sont que des mots ! Il y a aujourd’hui le feu. Le problème n’est pas celui de la crise de l’euro. Nous sommes face à notre réalité, à notre système autorécessif, avec des secteurs qui ne dépendent que de nous : le bâtiment, l’agroalimentaire, les services à la personne, la transition énergétique. Le gouvernement est en train de faire s’effondrer les secteurs porteurs des dernières années. Je tire la sonnette d’alarme depuis des mois dans l’indifférence générale. Sur les services à la personne, avec la fin du forfait et des avantages fiscaux, c’est l’équivalent d’un Aulnay-sous-Bois qui ferme tous les deux jours. Il y a aujourd’hui entre 400.000 et 500.000 emplois qui auraient pu être préservés et ne le sont pas.

Quant au crédit d’impôt compétitivité emploi, c’est une vaste duperie. Il a été conçu pour ne pas fonctionner. Il ne concerne aujourd’hui que 2 % des entreprises. Le choc de compétitivité de 20 milliards va passer à 450 millions d’euros ! Sur la courbe du chômage, la promesse de François Hollande finira, un jour, par se réaliser, puisque les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. Mais il y aurait des mesures d’urgence simples à prendre.

Puisque tout le monde est d’accord pour un choc de compétitivité de 20 milliards, baissons immédiatement les charges de 4 %. La TVA sert à cela. Dans les services à la personne, rétablissons le forfait et les avantages fiscaux. Il n’y a pas d’enjeu budgétaire. L’impact des baisses d’emploi et du travail au noir dans ce secteur sera un creusement du déficit de 7 à 8 milliards d’euros.

Pour les emplois d’avenir, que nous avons votés, nous appelons le gouvernement à élargir le dispositif aux très petites entreprises, c’est indispensable ! Quant aux contrats aidés classiques, je regrette que cette année nous en fassions 50.000 de moins.

Ramenons la TVA à 5,5 % pour le logement social et les travaux dans le bâtiment. Mais faisons-le immédiatement et pas au 1er janvier 2014 car cela bloque le marché. C’est un nouveau plan de cohésion sociale qu’il nous faut, en ajoutant de nouveaux secteurs, comme le numérique et en mettant l’accent sur la rénovation thermique avec une agence nationale ad hoc, qui regrouperait tous les acteurs, sur le modèle de l’Anru.

Il faut réinventer un paritarisme moderne. D’abord, la France souffre d’un émiettement de l’organisation politique et administrative. Il faut supprimer la clause de compétence générale des collectivités. C’est un vrai problème d’efficacité.

Ensuite, repensons le paritarisme français, dans lequel j’englobe toute la protection sociale, les organismes de la formation professionnelle, de l’emploi, du logement, et qui gère grosso modo 650 milliards d’euros. On ne peut pas continuer à avoir un système aussi émietté avec autant d’opérateurs. Cela empêche d’avoir de véritables stratégies. Il faut par exemple, sur la formation professionnelle, créer une agence, qui réunisse tous les acteurs, avec un objectif national pour régler le retard de qualification professionnelle des jeunes, des demandeurs d’emploi et de ceux touchés par des mutations lourdes.

Nous verrons ce que le gouvernement retient. J’avais proposé une taxe carbone et une contribution climat-énergie. L’actuelle majorité a saisi le Conseil constitutionnel qui l’a retoquée, à mon avis, pour un mauvais motif. Je suis favorable à une contribution climat-énergie, avec un signal prix. Je propose aussi des états généraux avec les centrales d’achat, y compris industrielles, pour qu’elles intègrent dans leurs prix l’empreinte carbone du produit. Si cela se fait, la distance parcourue par les produits s’effondrerait considérablement, et de fait les produits français et de la proche Europe bénéficieront d’un formidable appel d’air. Ce serait un effet outil de levier très fort en matière écologique.

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité