Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
blog de Jean-François DARAUD

les actualités de l'Union des démocrates et indépendants de l'Aude

Borloo : « On ne peut pas vivre avec le poison du soupçon »

Publié le 7 Avril 2013 par UDI de l'Aude

Propos recueillis par Jefferson Desport pour SUD-OUEST

Si Jean-Louis Borloo veut toute la lumière sur l’affaire Cahuzac, pour lui, l’urgence reste d’abord la politique du duo Hollande-Ayrault.

Jean-Louis Borloo n’a pas le vitriol facile sur l’affaire Cahuzac. Non pas qu’il cautionne l’ex-ministre du Budget, bien au contraire. Mais, contre les émotions embrasées, il défend une approche à froid. Et ce, d’autant plus que, pour le patron de l’UDI, le vrai risque de rupture avec les citoyens se situe d’abord dans les choix économiques du gouvernement.

L’affaire Cahuzac ayant atteint le sommet de l’État, la commission d’enquête parlementaire que vous avez demandée peut-elle ramener un peu de sérénité ?

Cette commission ne devra pas enquêter sur l’affaire Cahuzac, qui, elle, relève de la justice, mais sur les fonctionnements, voire les dysfonctionnements, du gouvernement et de l’État entre le moment de la révélation et la démission de Jérôme Cahuzac. Je ne veux pas du tout mettre le feu. Mais seule une commission d’enquête parlementaire, où chacun témoignera sous serment, permettra d’y voir clair. J’espère qu’elle sera actée la semaine prochaine. La démocratie ne peut pas vivre avec le poison du soupçon. Seule la vérité permettra d’apaiser la République.

Cahuzac n’est pas un cas isolé. D’autres ont été mis en examen : Sarkozy, Fabius, Juppé… Craignez-vous une crise de confiance des électeurs ?

Qu’il y ait des enquêtes, c’est sain pour la démocratie. Mais les Français savent très bien trier. Les gens ne comprennent surtout pas pourquoi on massacre le secteur des services à la personne qui est celui qui a créé le plus d’emplois. Ils ne comprennent pas pourquoi on a augmenté de 100 % la TVA dans le bâtiment, pourquoi on a supprimé les heures supplémentaires pour 9,2 millions de salariés du public et du privé. La vraie défiance, elle est là. Car sur ces sujets, le gouvernement a perdu pied.

François Hollande veut une justice encore plus indépendante. C’est une solution ?

Mais elle l’est déjà. Vous pensez qu’une justice dépendante sortirait ces affaires qui touchent tous les camps ? La difficulté, c’est que vous ne pouvez pas avoir une justice qui diligente des enquêtes sur des hommes publics et qui n’ait pas, elle aussi, le droit à l’erreur. Enquête ne veut pas dire culpabilité. Quand vous êtes une personne publique, la présomption d’innocence n’existe pas, c’est comme ça.

Cette semaine, vous avez demandé un débat public à Jean-Marc Ayrault tout en vous présentant comme le chef de l’opposition. Il y a un espace à prendre ?

J’ai demandé à avoir un vrai débat démocratique avec le chef du gouvernement. Je ne suis pas dans la critique systématique. Je n’ai pas envie de taper. Les gens sont inquiets de la situation économique et sociale du pays, ainsi que sur leur avenir. Aujourd’hui, ils m’arrêtent dans la rue, ils ne le faisaient pas il y a deux mois, et j’ai la modestie de penser que ce n’est pas pour mon physique…

Cette proposition de débat, est-ce aussi le signe que l’UMP est inaudible ?

Je propose une voie plus concrète. Les 9,5 millions de personnes qui bénéficiaient des heures supplémentaires savent de quoi je parle. Les 4 millions de familles qui utilisent une heure ou quatre heures par semaine des services à la personne, aussi. Je parle de leur vie quotidienne.

S’il donne son accord, c’est surtout lui qui va vous faire émerger. Ce qui lui permettrait aussi d’enfoncer un coin entre vous et l’UMP…

Pas du tout. Je suis plus prosaïque que ça. Je pense que, sur la motion de censure, j’ai été entendu. Et j’ai reçu le soutien de l’UMP. Si le Premier ministre pense que je n’ai pas raison sur ces mesures concrètes que je défends, qu’il m’explique pourquoi. Je pense que ce débat aura lieu. Ce n’est pas un piège, c’est le débat démocratique.

Quelle sera votre première proposition ?

Baissons tout de suite les charges de 6 % pour toutes les entreprises. En commençant dès le 1er mai pour celles de moins de 1 000 personnes.

Comme vous êtes candidat à l’exercice du pouvoir, pensez-vous à 2017 ?

2017 est bien loin encore. Je pense surtout qu’il faut vite redresser le pays, car nous sommes aujourd’hui dans le pire des scénarios. J’adore l’action publique. Que ce soit pour aider quelqu’un d’autre ou pour moi, c’est assez secondaire.

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité