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blog de Jean-François DARAUD

les actualités de l'Union des démocrates et indépendants de l'Aude

Table Ronde sur la politique occitane

Publié le 7 Décembre 2013 par UDI de l'Aude

Table Ronde sur la politique occitane

Jean-François DARAUD, candidat UDI aux élections municipales de Carcassonne a dit :

Je suis un sympathisant occitan. Je ne parle hélas pas occitan, je me contente de conserver avec force mon accent qui, déjà, à Paris, semble un combat pour ma terre. Pourtant je suis admiratif de ce que vous avez déjà réussi à obtenir et de votre engagement, avec un certain succès à la prise de conscience politique que constitue la possibilité ou non, d’entendre, d’apprendre, de pratiquer la langue occitane.

Je m’intéresse à vos revendications, surtout quand elles sont culturelles ou artistiques parce qu’en politique dans les partis occitans on rencontre de tout ! Les principaux mouvements politiques occitans soutiennent plus ou moins ouvertement le PS, les Verts voire l'extrême gauche. Pourtant les candidats des partis de gauche n’ont jamais dépassé dans leurs revendications le stade de la reconnaissance culturelle d’une "langue érudite", ce qui est « a minima » ou je ne m’y connais pas. Je suis surtout adepte du « vivre ensemble » de Jean-Louis Borloo, qui fait partie de notre programme UDI.

Vous savez bien que L’Occitanie, elle-même, n’est pas une entité territoriale distincte, ce n’est pas moi qui le dit, c’est Yves Rouquette en 1984 "l’Occitanie, c’est le pays des deux mers, Atlantique et Méditerranée, s’ignorant l’une l’autre. Il se compose de trois montagnes avec quelques plaines entre. Toute autre définition relève de la rêverie poétique ou politique". Je pense donc qu’une région seulement occitane, comme la Catalogne espagnole, n’est pas possible, d’autant que mon grand challenge de maire sera de lutter contre le chômage en faisant venir des chefs d’entreprises et que je n’ai pas l’intention de les freiner s’ils sont Bretons ou Alsaciens . Je suis européen et fédéraliste, ce qui n’est pas être régionaliste, autonomiste ou séparatisme. Je veux que les collectivités régionales s’expriment dans un cadre légal. C’est vraiment dans ce sens que j’aimerais pouvoir agir quand je serai élu. La grande manifestation de Carcassonne (20 000 personnes) doit nous guider dans nos projets.

Avant de vous dire comment j’ai décidé de m’engager à faire dès que je serai élu à Carcassonne, je veux déjà vous expliquer ce que l’Alternative, dont je fais partie comme mon ami Jean Lassalle, a à dire sur les aspects politiques et nos engagements :

Tout d’abord nous nous insurgeons de voir que la France n’a toujours pas ratifié la directive européenne qui fait obligation aux membres de défendre et de perpétuer les langues régionales. Elles sont désormais considérées comme un véritable patrimoine européen et national. Contrairement à ce qui se pensait il y a un siècle, quand la République craignait pour la langue française et empêchait l’enseignement des langues régionales, aujourd’hui il est clair que ce n’est pas la pratique du basque, de l’occitan, du corse, du béarnais ou du gascon qui puisse gêner notre langue. Notre langue française elle-même est mal défendue par nos élites qui lui préfèrent l’anglais. Rappelons-nous que le Français est une langue universelle qui a propulsé la France au firmament du monde, reconnue universellement comme le Pays des Droits de l’Homme, le pays de la liberté de conscience, d’esprit de conscience et de liberté.

Alors que nous avons tellement touché à notre constitution depuis une dizaine d’années, c’est un scandale que nous n’en ayons pas fait une minuscule adaptation qui permettrait justement à chacun de continuer à parler la langue de son choix, ce qui ferait barrage aux nationalismes de tout poil.

Ces thèses et actions, je les ai toujours défendues, en particulier déjà en 2008 avec mes amis Jean Lassalle et Jacques Pedehontaa quand ils sont venus me soutenir lors des élections municipales. Le merveilleux Jean Lassalle, avec son accent rocailleux à couper au couteau, fils, petit-fils de berger, droit dans ses bottes, a fait taire Nicolas Sarkozy à l’Assemblée Nationale en chantant en tant que Béarnais de cœur et de souche, son hymne national à lui « Montagnes Pyrénées ». C’est un homme qui va toujours au bout de ses idées, je vous rappelle sa grève de la faim devant l’Assemblée Nationales pour sauver des emplois dans sa circonscription, c’est lui qui marche à travers la France, déjà plus de 1.300 kms parcourus, pour écouter les Français. Je vous conseille la lecture de son livre « parole donnée, parole sacrée ». Il est le plus grand spécialiste de la Défense des langues régionales à l’Assemblée Nationale. Je l’ai eu au téléphone et il m’a aidé a préparé ce débat.

EDUCATION

Avec Jean Lassalle, nous sommes d’accord pour demander, dans le cadre de l’éducation nationale, populaire et publique, que nos belles langues régionales soient enseignées, sans rien toucher aux calandrettes qui dès le premier jour ont su défendre l’occitan et en perpétuer la diffusion. Au contraire, il faut créer des calandrettes dans les zones où il n’y en a pas. Merci à tous ceux qui ont déjà accompli cet immense travail.

Je me battrai pour les aider, pour perpétuer ainsi nos racines, notre passé car c’est le meilleur engrais pour les graines de l’avenir.

Sauf de nouvelles idées qui me seront sans doute proposées au cours de la réunion que j’organiserai sur ce sujet quand je serai élu, je pense qu’une mairie peut agir à plusieurs niveaux :

Il y a, bien sûr nos calandrettes mais je pense à l’enseignement public et privé où nous pouvons agir sans remettre en cause nos lois. Même si nous combattons la réforme des rythmes scolaires imposée par Vincent Peillon, je pense que l’on peut arriver à en garder une partie, en particulier la mise en place d’activités « non scolaires » ayant un sens.

Je propose que pour une sensibilisation à la langue occitane, on y fasse chanter aux enfants ces beaux chants occitans qui font partie de notre patrimoine, comme ; Se canta, Adiu paure Carnaval, Diga janeta, lo Boièr, Joan Petit et, bien sûr, La Trivallo. Outre le bonheur d’entendre tous les enfants de la Conte au Vigier chanter ces paroles de nos ancêtres, nous leur donnerons aussi plus de facilité pour les langues latines que sont l’Espagnol ou l’Italien.

Je propose aussi qu’on fasse connaître aux enfants nos sports régionaux, le rugby à XIII bien sûr pour lequel vous connaissez mon affection particulière et que je compte par ailleurs promouvoir beaucoup plus efficacement que ça n’a jamais été fait, mais aussi les joutes sétoises en organisant des rencontres spéciales enfants sur le canal, la pelote basque chère à Jean-Baptiste Cabrol, tir à l’arc comme nos archers de Carcassonne, le jeu du rampeau, quilles de 3, de 6, de 8 ou de 9 en hommage à notre seul roi occitan, Henri IV, les courses landaises et surtout camarguaises qui me sont si chères, la pétanque bien sûr mais aussi le palet gascon, le tambourin en créant des équipes de 3 ou de 5 joueurs, le pilou, ce jeu de jonglage pratiqué avec un volant sera un bon exercice pour les enfants, à qui on pourra même montrer l’extrait de « la main au collet » d’Hitchcock où deux policiers y jouent, lou bastoun qui ressemble beaucoup au base-ball, et même les jeux de force des Landes et le fameux tir à la corde, etc.. Les jeux et sports ne manquent pas dans notre culture occitane.

ANIMATIONS

Comme je veux aussi arriver à égaler Limoux dans le domaine festif, je pense créer une grande quantité d’évènements, de compétitions sportives, de fêtes médiévales qui ne sont jamais très loin de la culture occitane. Avant d’arriver à créer un « Puy du Fou » occitan, mon but final, je veux commencer en créant chaque soir un dîner-spectacle de chevaliers qui feront connaître notre passé. Ce sera l’occasion d’entendre de l’occitan, de goûter notre gastronomie et de montrer le ciment de notre culture à nos touristes.

Quand j’ai créé le Journal de Carcassonne et de l’Ouest Audois, il y a plus de 10 ans, je consacrais une page en occitan qui était préparée par Ostal Sirvantès. Ils ont abandonné au bout d’une année, pour une question de charge de travail. Je ne faisais pas de politique à l’époque mais cela me semblait naturel.

Nous commencerons par une semaine de fêtes occitanes où seront mis en avant nos trouvères et nos troubadours notre gastronomie, nos sports, avec la mise à disposition de vêtements, de drapeaux et de costumes d’époque pour tous les volontaires, commerçants et animateurs de stands.

Lorsque j’ai été président de l’ASC XIII, j’avais demandé à Christian Almerge un hymne en occitan, il est magnifique et je peux vous le faire entendre si vous le souhaitez. Mes successeurs n’ont pas donné suite mais il est prêt et ressortira. Ce serait magnifique qu’il soit chanté lors de nos matchs.

Je souhaite que nous ayons un hymne, qui pourrait être « A quello Travallo » qui finirait régulièrement nos manifestations sportives, culturelles, gastronomiques et autres salons.

Mais nous ne manquons pas de talents comme Claude Marti, le groupe OC, Christian Almerge, ou de jeunes groupes comme Zo Petaçon

ARCHITECTURE

Quand je regarde Carcassonne du haut de ma terrasse en centre-ville, je suis émerveillé de voir tous ces toits de tuiles canal qui sont un des seuls rappels de notre appartenance à ce midi que j’aime. A Carcassonne, vous le savez, chaque construction ou rénovation est soumise au diktat de l’architecte des Monuments de France qui est toujours très pointilleux. Je veux mettre en place de grands travaux, grâce en partie à des fonds privés. Je pense à un complexe sportif, à un stade digne de ce nom, à une maison du peuple reconstruite en lieu et place de l’ancienne mairie, à un palais des congrès digne de ce nom. Je peux promettre que ce que je pourrais faire construire selon les apports financiers ne ressemblera pas au bâtiment de la sécurité sociale de Carcassonne mais évoqueront notre appartenance à la culture occitane, en utilisant des matériaux réputés écologiques à l’allure traditionnelle de chez nous, sans tomber dans ces architecture d’acier et de verre qui ne seraient pas à leur place.

Je veillerai partout à une harmonisation de l’architecture dans toute la CAC, tout en laissant le maximum de liberté aux architectes.

LES ARTS

J’ai toujours le projet de cette cité des Arts dont je parlais déjà dans mon programme de 2008 pour les Municipales, qui serait calquée sur le modèle de « la Belle de Mai » de Marseille. Loin d’être un Musée où ne paraissent que les œuvres d’artistes reconnus, il s’agit d’une agglomération d’ateliers à loyer très modérés où cohabitent des créatifs de tous milieux, de toutes disciplines, du peintre au danseur. On mutualiserait quelques services communs : salles de répétitions, restaurant-cantine-bar, salles d’exposition, internet, salles de réunions et quelques magasins et boutiques aux horaires compatibles avec leurs activités. Cette cité des Arts ferait partie de circuits touristiques et permettrait aux artistes un accès immédiat et facile avec le public du monde entier.

Nous avons de grands artistes occitans ou Carcassonnais, ce serait un formidable coup de pouce donné à leur carrière. C’est faisable et je connais déjà le lieu où l’on pourrait créer cette communauté qui accueillerait tous les artistes, occitans ou néerlandais.

LA DIFFUSION DE LA LANGUE

Il y a une promesse que je peux faire, peu onéreuse et très symbolique, et qui sera un de mes premiers gestes si je suis élu : les noms des villes et villages, à Carcassonne et partout dans les villages qui l’accepteront, seront doublés en occitan. Puis ce seront les affichages pour les bâtiments publics, trésor public, stades, foyers, mairies qui seront aussi munis d’un double affichage en espérant que nous pourrons peu à peu continuer pour chaque rue, dès que le financement sera trouvé.

Dès le début, nos panneaux d’affichage seront mieux mis en valeur, multipliés, éclairés et les annonces publiques y seront écrites en deux langues, panneaux lumineux compris.

CONCLUSION

Je veux donner une place aux défenseurs de l’occitan, et écouter leur parole. J’irai même jusqu’à les intégrer au conseil municipal s’ils le veulent bien. Pas comme Jean-Claude Perez qui a intégré le seul vert qui n’aie pas l’adhésion des autres et que l’on n’entend jamais, mais une personnalité reconnue qui aura un vrai rôle de conseil et de proposition. Je ne veux pas de révolution, je veux du modernisme. Pour moi, l’Europe comme je la défends, qui est à construire, sera une fédération de grandes régions comme les lands allemands, avec une autonomie importante et notre région sera alors libre de protéger ses cultures.

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